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HISTOIRE DE L’ECOLE A BRIGNON

Il est difficile de savoir s’il existait une école dans notre village au Moyen-âge bien que le Concile de Latran en 1215 appelait les évêques à les multiplier à la campagne. Ces écoles dites paroissiales dépendaient du prieur ou curé et nous n’en avons aucune trace à Brignon.

 Ce n’est qu’en 1670, qu’un texte extrait d’une procuration des habitants du lieu, parle d’un dénommé Claude Lauze, régent des écoles dans notre village Il est remplacé en 1673 par un autre enseignant du nom de Jean Duplan. Cela ne signifie pas que l’enseignement a débuté au XVIIe siècle car une circulaire du concile provincial de Narbonne, datée de 1551, précise que nul ne pourra enseigner dans les « petites écoles » , ancien nom de l’école primaire , sans l’approbation de l’évêque ou de son délégué. Alors il est raisonnable de penser que l’école a débuté vers le milieu du XVIe au moment où la chrétienté commençait à se déchirer entre catholiques et protestants . Ce qui est certain, c’est que notre village en était doté depuis un certain temps à l’époque de Louis XIV et que l’école allait devenir un enjeu entre les deux communautés religieuses.

A partir de 1685 et de ce que l’on appelle la Révocation de l’édit de Nantes, le culte protestant est interdit par le roi qui fait développer une politique scolaire destinée à convertir les enfants protestants et à les élever dans la religion catholique. Un édit de 1695 prescrivait l’établissement de régents d’écoles partout où il n’y en avait pas et une déclaration royale du 13 décembre1698 décrétait même l’instruction obligatoire pour tous les enfants jusqu’à 14 ans. Déclaration pas toujours exécutée et donc renouvelée en 1724. La déclaration de 1698 précisait : « Enjoignons à tous, pères, mères, tuteurs et autres personnes et nommément à ceux dont les pères et mères ont fait profession de la Religion Prétendue Réformée de les envoyer aux dites écoles et au catéchisme jusqu’à l’âge de 14 ans ». Dans notre diocèse d’Uzès qui comptait 303 paroisses, 30 étaient sans école en 1734, dont la paroisse de Nozières et 21 en 1784. Notre Gardonnenque constituait un espace relativement éclairé dans le désert scolaire de la France du Midi avec des pourcentages de conjoints aptes à signer leur contrat de mariage , supérieurs à ceux des zones voisines. C’est à l’ampleur de la présence protestante majoritaire dans notre village, que l’on doit le zèle des évêques à généraliser l’école et à veiller à son bon fonctionnement dans l’espoir de convertir les huguenots au catholicisme. En général chaque localité de notre contrée possédait son école avant la Révolution, avec quelquefois association de deux villages : Valence et Castelnau ou Euzet et St Jean de Ceyrargues, le même régent ou maître d’école recevant les enfants de 2 paroisses. C’est la communauté villageoise qui devait rémunérer l’enseignant et elle cherche à le rétribuer le moins possible, bien qu’une ordonnance royale fixe en 1698 cette rétribution à 150 livres (ce qui équivaut à 690 euros par an au XVIIIe s.). A Brignon en 1734, le régent des écoles touche 60 livres + 10 livres pour la location d’une maison. Celui de Boucoiran 120 livres, Moussac 90 livres +14 pour son loyer, Valence 65 l +6 l, St Geniés 200 l +12 l, Cruviers 65 l +5 l …. C’est donc très variable selon les lieux, on remarquera le salaire assez faible dans notre village. La modicité de ces émoluments oblige le précepteur des écoles à accomplir des fonctions supplémentaires comme chantre à l’église, hospitalier, répartiteur de taille, garde –champêtre… Les régentes avaient droit à 100 livres, mais le plus souvent elles touchent moins.
Le programme suivi par les élèves était assez simple, avec d’abord la connaissance de la religion chrétienne et ses prières élémentaires. Il fallait étudier surtout la lecture, l’écriture, l’orthographe, le calcul et les principes de l’arithmétique. L’école était avant tout catholique depuis la Révocation de l’édit de Nantes en 1685 alors qu’auparavant elle était protestante dans tous les villages où les Réformés avaient eu la majorité. Tel était le cas de Brignon puisqu’on y comptait en 1670, 240 protestants pour 30 catholiques. En classe la prière ouvrait et terminait la journée. L’école était payante sauf pour les plus pauvres qui n’étaient pas les plus assidus car souvent retenus pour les travaux des champs par les parents. Quant au curé du village, son rôle se bornait à une surveillance générale de la maison d’école, du respect de l’enseignement de la doctrine catholique, de l’assiduité des enfants, de leurs éventuels progrès et de la fidélité des régents d’école aux pratiques religieuses. Les consuls élus pour un an (ancêtres des maires) choisissaient les maîtres, les présentaient au Conseil des Habitants mais il fallait que l’évêque d’Uzés approuve leur nomination. Un bail ou convention des écoles était signé entre le régent et la communauté villageoise. En 1745, cette même communauté villageoise de Brignon achetait dans le quartier du Fort à Antoine Ponsard, une maison qui devait servir à la fois de lieu d’habitation pour le curé mais aussi d’école, pour le prix de 400 livres. Cette maison appartient aujourd’hui à Mr. Cauzid et servira de salle de classe aux enfants de notre village jusqu’en1855. On ne sait pas où se situait l’école antérieurement.

A partir de 1750, on assiste à un certain relâchement des contraintes contre les protestants ce qui va entraîner la reconstitution du réseau des écoles réformées, la concurrence entre les deux communautés favorisant la lutte contre l’illettrisme mais le Français parlé chez nous est parsemé de patois, d’occitanismes, les gens parlant tantôt une langue , tantôt l’autre .

Avec la Révolution de 1789, on aurait pu croire que la situation allait s’améliorer et que les grandes théories du « Siècle des Lumières » sur l’éducation allaient être mises en pratique. En créant l’école pour tous, en la rendant obligatoire, le premier pas était accompli mais en réalité en la plaçant à la charge de la Nation, les révolutionnaires ne voulaient qu’ôter l’école des mains de l’Eglise Catholique et ils la laissèrent sans moyens financiers, les communautés villageoises continuant de signer des contrats avec des régents d’école. A Brignon, le 8 novembre 1791 les gages du maître d’école sont passés à 200 livres mais cette augmentation doit être très fortement tempérée par les dévaluations de la monnaie et par l’inflation qui vont accompagner cette période troublée. De plus l’enseignement est désorganisé car beaucoup de curés dont celui de Brignon, Joseph Ode, refusent la Constitution Civile du Clergé et émigrent, la situation devient catastrophique par manque de moyens. Sous l’Empire (1804-1815), l’Ecole est toujours négligée dans les villages à tel point qu’une enquête de 1807 montre qu’à Brignon qui compte alors 477 habitants, 75 personnes savent lire et 50 seulement lire et écrire. De tels chiffres montrent l’inefficacité du système scolaire de l’Ancien Régime et les carences de la Révolution et du Premier Empire (1789-1815) dans les domaines de l’éducation.
Au XIXe s., la question scolaire n’est donc pas du tout réglée et les communautés protestante et catholique vont poursuivre leurs luttes sur ce terrain. En 1839, le curé de Brignon, Rouvière se plaint à son évêque d’une influence contre-catholique dans le village, les enfants assistent à une école protestante avec un instituteur protestant, il demande à être muté.
Une délibération du Conseil Municipal du 18 / 08/1834 montre que suite à la loi Guizot de 1833 qui organise l’enseignement primaire public, l’école de Brignon doit recevoir 14 enfants gratuitement vu leur situation sociale, 4 seront acceptés à moitié prix, ceux qui commencent payeront un franc par mois, ceux qui écrivent sur l’ardoise un franc cinquante centimes et ceux qui utilisent le papier verseront deux francs.

Après 1850, la loi Falloux est plus favorable aux catholiques car elle donne le droit aux congrégations religieuses d’ouvrir des établissements d’instruction. Brignon est à nouveau divisé sur le plan éducatif. Le 2 septembre 1855, le Conseil Municipal refuse la création d’une école catholique communale, érigée en école publique à la demande du curé et des habitants catholiques du lieu. Les protestants sont très largement majoritaires dans notre village (479 contre 133 en 1846) et cette situation fait que les catholiques ne sont pas ou peu représentés au Conseil qui dirige les affaires de la Commune.
En 1855, création d’une école communale pour les filles, selon les vœux de la population avec pour la première fois une institutrice du nom de Mme Vedel. L’analphabétisme demeure fort dans notre commune et en 1866 on instaure des cours du soir pour les adultes mais en réalité, très peu d’illettrés y participent.
Avec la création d’une école primaire pour les filles, la maison de la rue du Fort qui servait de salle de classe depuis 1745, était devenue trop petite et trop insalubre, mal placée, mal aérée, sombre; elle servait également d’appartement aux instituteurs depuis 1796, la commune avait un contrat d’acquisition. La maison est vendue en 1856 à André Espérandieu avec pour témoins l’instituteur Vedel et le célèbre Frédéric Desmond, docteur en théologie, déjà présent dès qu’il s’agit d’affaires touchant à l’éducation et à la laïcité. Auparavant et ce dès 1853, la municipalité avait fait le projet d’acheter à Mr. Foucard Jacques, l’ancienne chapelle romane du XII e s.vendue comme bien national pendant la Révolution, dans le but d’en faire la nouvelle école publique avec logement pour les instituteurs. Aujourd’hui cette très ancienne église médiévale qui appartenait au château est devenue la bibliothèque municipale. Après quelques travaux, l’école pouvait débuter. Des préaux furent construits dans les cours du midi et du nord qui entouraient le bâtiment et la muraille qui joignait l’abside de la chapelle au rempart de la Grand Rue fut démolie en 1856.
Les catholiques n’étaient pas en reste et ils finirent par obtenir en 1855 l’autorisation de fonder leur propre école. Un bail du 23 octobre 1859 permettait la location d’une maison appartenant à Mr. Nadal, maison située hors de l’enceinte du village dans une rue basse. Par la suite en 1870, l’école catholique se tint dans une maison plus centrale au village, dite maison Rouvière et elle était dirigée par les Sœurs de St Prosper. La querelle scolaire se poursuivit les années suivantes, les effectifs des classes étant de plus en plus élevés, la commune rechignant à engager des frais en faveur de l’école catholique et demandant à plusieurs reprises sa suppression et la gratuité pour les deux autres. En 1858, le Conseil Municipal refuse de voter des fonds pour le mobilier de l’école catholique prétextant qu’il n’y a que 12 à 15 élèves en hiver et 8 à 10 en été. En 1868 vers la fin du Second Empire, on comptait 68 élèves inscrits à l’école publique (35 garçons et 33 filles) et 27 à l’école des Sœurs. Sur ce total de 95 enfants scolarisés dans le village, 17 étaient admis gratuitement (11pour le public et 6 pour le privé).
Sous la IIIe République, la guerre scolaire est loin de s’apaiser, le 28 mai 1871 le Conseil Municipal de Brignon, inquiet des évènements et de la guerre civile qui déchire les Français lors de ce que l’on appelle la Commune de Paris , appelle de tous ses vœux à la gratuité absolue dans les écoles et à la suppression de l’école catholique car « les enfants sont élevés dans deux camps ennemis….. » alors que s’ils se retrouvaient sur les mêmes bancs de classe, « les enfants des deux cultes auraient appris à s’aimer mutuellement ». Le Conseil Départemental rejette la demande de la municipalité brignonaise lui rappelant la loi de 1850 qui disait : « dans les communes où les différents cultes reconnus sont professés publiquement, des écoles séparées seront établies pour les enfants appartenant à chacun de ces cultes». Le Conseil Départemental, sorte d’équivalent de notre Conseil Général d’aujourd’hui concluait: « Nous considérons que la population catholique de Brignon est suffisante pour alimenter une école puisqu’elle fournit une moyenne de 25 élèves». La dualité scolaire se poursuivait et les demandes sans cesse réitérées par la municipalité étaient sans cesse rejetées par les pouvoirs publics. Beaucoup de choses allaient changer au cours des années 1880 avec l’arrivée au pouvoir de dirigeants plus républicains. En 188 l’école devint gratuite pour le primaire et en 1882 obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans et strictement neutre sur le plan religieux, c'est-à-dire laïque. A Brignon au mois de février 1881, la municipalité demande de transformer l’école catholique en salle d’asile : « pour que tous les enfants de la commune soient élevés ensemble et deviennent tous des citoyens dévoués à leur patrie et au gouvernement de la République». Le 9 septembre de la même année, les catholiques déclaraient l’ouverture d’une école libre à la maison Nadal, sous la direction d’une enseignante mandatée par la supérieure générale des religieuses de St Joseph dits de la Sainte Famille. Ces sœurs avaient pour but de se vouer à l’instruction des filles pauvres et de soigner les malades à domicile. C’était une congrégation de droit pontifical, issue d’une maison fondée en1835 à Vagnas en Ardèche. Le Conseil Municipal refusa de voter l’indemnité du logement pour les sœurs de Vagnas et fit la demande pour la création d’une école enfantine ce qui portait à trois le nombre de classes de l’école publique. Dans le cadre de la loi sur l’obligation d’aller à l’école, une commission de 4 membres fut constituée en mai 1882,. Elle comportait 4 membres (Rouvière Guillaume , Maurin Auguste , Soulier Victoire et Vallat Jules), nommés par la municipalité et chargés d’encourager et de surveiller la fréquentation scolaire, car beaucoup de parents utilisaient leurs enfants pour divers travaux des champs et ne percevaient pas l’intérêt de les envoyer régulièrement en classe. Pour ce qui concerne les nouveaux programmes, les prières disparaissaient de l’école de la République puisque l’enseignement se voulait laïque mais par contre l’Histoire et l’Education civique devaient contribuer à faire de ces enfants de bons citoyens et de bons patriotes. Une circulaire ministérielle du 29 mars 1881 prévoyait de donner une instruction militaire et gymnastique aux élèves du primaire et cette démarche qui en réalité se situait dans le cadre de l’humiliante défaite subie par les armées françaises en 1870 contre la Prusse , devenue entre temps l’Allemagne , allait avoir deux conséquences ultérieures : le développement du sport avec les premières associations qui allaient naître dans le village et la « revanche » contre nos voisins lors de la tuerie de 14-18, fruit du nationalisme développé en partie dans nos écoles.
Sur le plan matériel, la municipalité va émettre le souhait de construction d’un nouveau groupe scolaire, l’ancienne école située dans la chapelle romane ne suffit plus car 75 enfants sont à scolariser. En mai 1882 le projet prend forme et 3 écoles sont prévues avec des logements pour les instituteurs sur un terrain au lieu-dit le Clos, appartenant en partie à Mr.Cavalier Emile, pasteur à Cassagnoles et l’autre partie à la municipalité sur l’ancien champ de foire de la commune, acheté en 1879 à Mr Escalier Alonzo. C’est l’emplacement des écoles actuelles, qui donne sur la place de la Liberté, située non loin de la chapelle romane. Les travaux seront terminés en 1886. C’est l’entreprise de maçonnerie de Louis Bernard située dans le village qui obtint l’adjudication des travaux. En 1888 la mairie s’installa dans la nouvelle école, laissant les instituteurs habiter l’ancienne.
A cette époque malgré les nouvelles lois républicaines de Jules Ferry, l’école catholique existait toujours mais elle n’allait pas tarder à disparaître. La guerre scolaire allait tourner en faveur du camp laïque et de l’enseignement public. L’arrivée au pouvoir du radical Combes à partir de 1902 allait marquer l’apogée de l’anticléricalisme. Une lettre datée du 7 avril 1903 et émanant directement du Président du Conseil ou le 1er ministre indiquait à la supérieure des sœurs de Brignon, dites de la Sainte Famille, le refus du ministère des cultes d’autoriser leur enseignement sur notre commune. Une loi de 1904 interdit aux congrégations religieuses même autorisées, tout enseignement. La conséquence à Brignon est donc aisée à deviner et déjà le Conseil municipal , dans une séance du 25 juillet 1903précisait que: «les religieuses de l’école de Brignon doivent se retirer et ne plus enseigner à partir du jour de l’ouverture des vacances scolaires, à la date fixée par Mr .le Préfet pour les écoles publiques». C’est donc à partir de la rentrée du 1er octobre 1903 qu’il n’y eut plus qu’une école publique dans notre commune et que tous les enfants allèrent à l’école de la République. La nouvelle situation créait un certain nombre de problèmes matériels sur le plan des effectifs. L’école publique était tenue de recevoir tout le monde or les deux salles de classe contenaient 40 places chacune et il y avait déjà 64 élèves inscrits. Il fallait loger tous les enfants de l’école des sœurs et les 16 places disponibles ne suffisaient pas à le faire car l’école catholique était a à la fois maternelle et primaire. On logea donc les élèves de la classe enfantine dans la salle principale de l’ancienne mairie, dans la vieille chapelle romane, en attendant une construction nouvelle. De plus, le pont en construction sur le Gardon venait d’être achevé en octobre 1903 et inauguré en avril 1904, ce qui permettait aux élèves du hameau de Nozières de fréquenter l’école de Brignon parce que plus proche, accroissant ainsi le problème d’effectifs. Aussi un avant- projet de construction d’une nouvelle école enfantine fut élaboré dès le 11 avril 1904, autorisé le 19 octobre 1905 et réalisé en 1908. C’est le bâtiment qui se trouve à gauche de l’entrée actuelle des écoles. A l’époque, il disposait d’un préau tourné vers le village et il y avait une fontaine publique devant le préau. Brignon était ainsi doté de 3 classes et l’école publique pouvait donc faire face à la demande.

La guerre de 14-18 amena comme partout son lot de malheurs. Les instituteurs mobilisés qui avaient été remplacés par des institutrices intérimaires payèrent un lourd tribut comme d’autres professions. Ce fut le cas à Brignon avec le décès de M.Plantavit, mort pour la France le 27 octobre 1917 dans la tranchée des Tours, commune de Merchem (Belgique) à l’âge de 32 ans.
Après la 1ère guerre mondiale, notre école publique poursuivit son bonhomme de chemin. Les bâtiments furent rénovés en 1928 par l’entreprise de Bernard Elie. Un projet d’ouvrir une école intercommunale à Nozières va voir le jour en 1932 ceci pour éviter aux enfants des trajets presque quotidiens de 2 à 3 kms sur des route fréquentées et les absences nombreuses qui en découlent. Cette nouvelle école devait concerner les communes de Boucoiran, Brignon et Moussac. On paierait au prorata du nombre d’élèves de chaque commune. Le projet n’aboutit pas et en 1936 on crée une cantine scolaire à Brignon pour les élèves des hameaux de la commune (Nozières, Ste Croix et Moulin de Bernis), 24 enfants y sont inscrits et deviennent demi-pensionnaire. Pendant la 2ème guerre mondiale, les locaux des écoles publiques de Brignon furent un temps réquisitionnés par les troupes allemandes d’occupation. les élèves étant déplacés au château Méric, au bas du village.

Après le tragique épisode de 1939-1945, la vie reprit un cours plus normal pour les enfants scolarisés même si un grand nombre de problèmes demeuraient: ravitaillement , déplacements …. En juillet 1948 la nouvelle mairie fut inaugurée à la maison Desmons (mairie actuelle), le 1er étage des bâtiments scolaires devenait libre pour aménager un logement pour les instituteurs de la commune. Le 18 janvier 1949 les habitants du hameau de Nozières et de l’usine « La Réglisserie » renouvelèrent leur demande pour la création d’une école. Cette initiative allait être à la base de l’établissement d’un Cours Complémentaire, ancêtre de l’actuel Collège de la Gardonnenque. Un Syndicat Intercommunal réunissant 13 communes, voit le jour le 1er décembre 1949. Il est fondé par Mr Edmond Reboul, maire de Brignon. On acquiert le « château Carenou », maison de maître construite en 1870 par le propriétaire de l’usine de réglisse située de l’autre côté de la R.N 106. Le 1er octobre 1950 la 1ère classe primaire avec 15 élèves sous la direction de Mme Mazel effectue la 1ère rentrée et le 1er octobre 1951, c’est l’ouverture du 2ème Cours Complémentaire rural en France, 31 élèves répartis en 2 niveaux: une sixième et une cinquième dirigées par Mr et Mme Lafont. Au fil des années, cet établissement qui devient C.E.G, C.E.S puis Collège, prend de l’ampleur jusqu’à compter 955 élèves en 1997 appartenant à 38 communes environnantes. Aujourd’hui l’école primaire cohabite toujours avec le Collège qui a vu ses effectifs chuter avec la création d’un autre établissement secondaire à St Geniès de Malgoirés. Les enfants de Brignon et de Nozières possèdent cette chance unique de pouvoir étudier à proximité de chez eux et ce jusqu’ à la fin du 1er cycle de l’enseignement secondaire. Quant à l’école primaire du village de Brignon, elle est à présent jumelée avec celle de Cruviers-Lascours .
Ph.Monnier.